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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 10:00

"Micromycètes" veut dire "champignons microscopiques" Mais qui sont donc ces champignons qui nous attaquent ! ?  ce petit topo n'aborde que les espèces responsables de mycoses des ongles. Il y a aussi d'autres sortes de mycoses qui peuvent être gravissimes mais ce serait trop long... 

 

Les mycoses des ongles sont des maladies infectieuses provoquées par des champignons microscopiques qui peuvent avoir un aspect filamenteux (dermatophytes et moisissures) ou levuriforme (candida).

On distingue trois grandes familles :

 

Les dermatophytes

trichophyton 1 

Les dermatophytes sont des champignons filamenteux de la classe des ascomycètes. Ils ont deux modes de reproduction : sexuée et assexuée. La reproduction sexuée se fait par ascospores (spores à l'intérieur d'un asque : sac). La forme assexuée permet sa multiplication par l'intemédiaire de spores unicellulaires arrondies appelées "microconidies" et de spores pluricellulaires allongées appelées "macroconidies".

Ils peuvent avoir pour origine, le sol (espèces telluriques), l’animal (espèces zoophiles) ou l’homme (espèces antropophiles).

Deux espèces sont plus particulièrement rencontrées au niveau des pieds :

- Trichophyton rubrum

- Trichophyton mentagrophytes interdigitale

Ces variétés sont anthropophiles, ce qui implique une contamination inter-humaine. (sols des piscines, saunas, salles de sport…) sans oublier l’auto-infection possible, d’un orteil à l’autre et d’un pied à l’autre.

         colonies

 

    Les champignons levuriformes :

 candidaLes levures sont des champignons de la classe des blastomycètes (reproduction assexuée par blastospores - blastos : bourgeon). Elles se présentent sous forme de petites cellules rondes ou ovalaires parfois bourgeonnantes. Candida albicans est de loin l’espèce la plus fréquente mais aussi candida tropicalis, parapsilosis, kruzei, kefyr Ce sont des opportunistes qui vont se développer et devenir pathogènes suite à la disparition ou au déséquilibre de la flore microbienne habituelle de la peau.

L'humidité due au lavage trop fréquent des mains ou à la transpiration des pieds sont les principales causes de ce type de mycose. Elles apprécient les milieux acides qui peuvent provenir de la transpiration. La base de l'ongle est généralement enflammée.

 

Les moisissures :

Ces moisissures sont des champignons filamenteux qui dans une moindre mesure peuvent être responsables d’onychomycoses des pieds. Les espèces incriminées sont de la classe des hyphomycètes (hyphe : réseau de filaments mycéliens) :

- Acrémonium strictum 

- Fusarium oxysporum

- Scopulariopsis Brévicaulis

- Aspergillus versicolor, candidus

Ce sont des espèces cosmopolites et on peut se contaminer en marchant pieds nus sur le sol (terre, sable...), mais elles touchent plutôt les personnes affaiblies par d'autres pathologies.  

    moisissures   

 

Causes et Prévention

 

La fréquence de ces mycoses augmente avec l’âge et peut survenir suite à une prise d’antibiotiques ou de maladies diverses qui provoquent un déséquilibre de la flore microbienne.

Au niveau des ongles, les coups et traumatismes sont assez souvent à l'origine de l'infection. Eviter les chaussures inconfortables, les produits de toilette trop agressifs et bien se sécher aprés lavage des pieds ou des mains.

La recherche du type de champignon en cause est rarement effectuée et pas toujours évidente.

Lorsque l’infection est récente, enlever régulièrement les parties atteintes de l'ongle et nettoyer méticuleusement le matériel pour éviter toute contagion. Certains antimycosiques naturels ou locaux (apaisyl) peuvent être assez efficaces mais la guérison est souvent longue.

 

Antifongiques

 

 Les antifongiques sont aux champignons ce que sont les antibiotiques aux bactéries. Les premiers ont été commercialisés dans les années 1950-60 (Nystatine, Amphotéricine...) et la liste ne cesse de s'allonger, mais comme les antibiotiques, ils montrent leurs limites, d'où la nécessité de les utiliser à bon escient... La prescription de votre médecin devra être suivie scrupuleusement car les récidives sont hélas fréquentes... 

 

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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 18:00

E coli est un hôte habituel et le plus souvent inoffensif de l’intestin des hommes et des animaux. Les premières selles (appelées méconium) des bébés sont normalement stériles et dans les jours suivants les intestins sont colonisés par diverses bactéries. Tant que l’alimentation est lactée, la flore est dominée par des germes de type bacillus (lactobacilles) mais à l’âge adulte, elle se diversifie. Si la flore intestinale observée à la coproculture est monomorphe, pas diversifiée ou trop pauvre, c’est généralement qu’il y a un problème.

Avant 1950, les E coli étaient reconnus responsables d’infections extra-intestinales (essentiellement urinaires) mais n’étaient pas considérés pathogènes dans les selles. Cependant des bactériologistes avaient constaté que des selles de nourrissons malades contenaient une culture presque pure d’E coli. L’étude sérologique  a permis par la suite de déterminer des sérotypes responsables de ces gastro entérites infantiles. C’était le début d’une évolution (ou d’une meilleure connaissance…) de l’espèce.

 

La bactérie se présente sous la forme d’un bâtonnet recouvert de cils (flagelles).

  

" O104 " : O indique l’antigéne de la paroi qui donne sa forme à la bactérie.

 

" H4 " : H est un antigène des flagelles qui assurent par ailleurs la mobilité du germe.

 

Numériser0001 

Virulence d'E coli entéro-hémorragiques O104 : H4 et O157 : H7

 

Si on considère que l’hôte possède des défenses immunitaires "normales", la virulence d’une bactérie sera proportionnelle au nombre de germes infectants et à ses capacités de produire des toxines (poison biologique). Ainsi aux dernières informations, ce sérotype O104 : H4 ferait partie du groupe des E coli entéro-hémorragiques produisant une shiga-toxine à l’origine de la destruction des cellules intestinales entraînant des diarrhées sanglantes avec une anémie et des complications rénales.

 

Mutation ou  transfert horizontal du gène virulant ?

 

L’analyse par séquençage des génomes bactériens a permis d’observer l’importance des bactériophages tempérés dans la nature sur l’évolution bactérienne. Le record serait atteint par le génome d’E coli O157 : H7 qui accumule un tel nombre de prophages que cette bactérie n’est plus qu’un énorme prophage. (cf. Dr Alain Dublanchet)

Les gènes codant la synthèse des Shiga-toxines peuvent donc être apportés par des phages dits « tempérés ou lysogènes ». Cette shiga-toxine posséde des similitudes avec la toxine de Shigella dysenteriae, bactérie pathogène pour l’homme et proche de l’espèce E coli. J’imagine qu’une étude de l’origine de ce nouveau type d’E coli est envisagée, pour l’instant, on ne peut que constater des similitudes et faire des hypothèses…

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Escherichia_coli_O104:H4

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 08:00

Les maladies à prions, aussi appelées encéphalopathies spongiformes sont des maladies neurologiques qui touchent les humains et les animaux et se caractérisent par une détérioration du système nerveux central prenant la forme de vacuoles (trous à l'image d'éponge dans le cerveau). La chèvre, le cerf, le vison, le chat peuvent être touchés… La tremblante du mouton a été signalée pour la première fois en Grande-Bretagne en 1732 mais dans l’état actuel des connaissances, on ne pense pas qu’elle puisse se transmettre à l'homme. Chez les humains, la plus connue est la MCJ (maladie de Creutzfeldt-Jakob).

 

Le KURU

La découverte chez les Fores de la Papouasie d'une maladie neurologique étrange et fatale appelée kuru (1er cas décrit en 1920) a été la première indication que des maladies humaines à prion pourraient être transmissibles. les recherches sur le kuru ont aidé à comprendre les maladies humaines à prion et le risque de transmission. La maladie touchait une population aborigène qui consommait le corps des défunts lors d'un rituel religieux. Ce cannibalisme semble s'être arrêté au milieu des années 1950 sous la pression de l'administration australienne. Elle touchait surtout les femmes et les enfants qui mangeaient le système nerveux central, les hommes consommant les muscles étaient épargnés.

 

La maladie de  Creutzfeldt-Jakob (MCJ) et le scandale de l’hormone de croissance en France

Dans les années 80, l’hormone de croissance est utilisée en France pour traiter le nanisme chez les enfants mais parfois aussi pour donner un coup de pouce à des enfants que l’on voulait un peu plus grands ou à des fins de dopage. L’hormone est alors collectée sous sa forme naturelle à partir d’hypophyses prélevées sur des cadavres. La collecte était assurée par l’association France Hypophyse et l’Institut Pasteur fabriquait ensuite l’hormone. 2000 hypophyses étaient regroupées pour produire un lot d'hormone de croissance, lequel était à son tour subdivisé en des centaines de doses, puis distribué. L'inclusion d'une seule hypophyse de cas non diagnostiqué pouvait contribuer à l'infection de nombreuses personnes. L’hormone ”naturelle“a causé le décès par MCJ de 120 enfants.

 

Dès 1980, le professeur Luc Montagnier avait alerté Fernand Dray, alors responsable de l’unité de l’Institut Pasteur, des risques de contamination infectieuse liés à l’utilisation de l’hormone d’origine humaine, il pensait sans doute alors aux infections virales (VIH, Hépatites…). En 1985, des médecins américains alertent leurs confrères français sur un possible danger de transmission de la MCJ. Pourtant il faudra attendre 1988 pour que cette hormone soit  retirée du marché français et remplacée par une hormone synthétique.

 

L’ESB (Encéphalopathie Spongiforme Bovine ou maladie de la vache folle) et la variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (vMCJ) en Grande Bretagne

En 1980, une l'épidémie d'ESB apparaissait  en Grande Bretagne. Même si l'origine de cette maladie demeure inconnue, on sait que les aliments pour bétail contaminés par des tissus bovins infectés par l'ESB ont contribué à la propagation de l'épidémie. Le prion résiste à la chaleur.  La farine carnée utilisée dans la composition des aliments pour animaux demeure infectieuse malgré les températures très élevées du processus d’équarrissage. Bien que certains contestent encore le lien entre l’ESB et la MCJ, on s’accorde à dire que l’ESB peut être transmise aux humains par la consommation de viande infectée et se manifester sous la forme de la vMCJ.

En 1992, alors que l’épidémie d’ESB était à son plus fort au Royaume-Uni, plus de 37 000 animaux infectés, 800 nouveaux cas découverts par semaine, seulement 137 cas de vMCJ humains ont été déclarés en Grande-Bretagne mais l’incubation peut aller jusqu’à 20 ans et le diagnostic est très difficile à établir.   

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 08:00

  listeria

 

Foie Gras, produits laitiers, poissons, volailles… les alertes sanitaires à LISTERIA sont  de plus en plus fréquentes mais comment l’expliquer ? 

 

En 1950, il n’y avait pas ou peu de contrôles sanitaires, peu ou pas de réfrigérateurs chez les particuliers, mais nos modes de consommation ont changé et sont favorables à cette contamination.

Listeria monocytogenes a la particularité de ne pas être gênée par la température du réfrigérateur. Mobile à 20°C, elle perd cette mobilité à 37°C mais sa  température optimale se situe tout de même entre 20 et 37°C... Naturellement à 4°C sa croissance est ralentie mais  en 10 à 15 jours au réfrigérateur, elle a largement le temps de se multiplier sans pour autant avoir besoin d'une rupture de la chaîne du froid... C’est une bactérie qui supporte trés bien le froid et la congélation mais qui est éliminée par la chaleur. Il n’y a donc aucun risque à consommer des produits cuits ou correctement stérilisés. 

(Une seule bactérie dans des conditions favorables va se multiplier pour donner plusieurs millions de copies conformes en 24-48h)

 

La listériose est une affection commune à l’homme et à de nombreuses espèces animales (ruminants, rongeurs, oiseaux) qui peut passer inaperçue. Le risque de développer la maladie est surtout important pour les bébés, les personnes âgées et/ou affaiblies.

 

C’est un réel danger pour le fœtus ou le nouveau-né car l’infection maternelle reste souvent inapparente mais la contamination peut se faire par voie placentaire ou au moment de l’accouchement et peut être fatale pour l’enfant.

 

A voir ou revoir … Utilisation des bactériophages pour la conservation des produits frais.

LISTEX P100 contre  Listéria Monocytogenes.

 

Les bactériophages lytiques : applications  

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 17:00

cult-flavus.jpg

Les Aspergillus se développent sur la matière organique en décomposition, le sol, le compost, les denrées alimentaires, les céréales, les plantes, les fruits, la poussière, l'air… nous inhalons entre 10 à 30 spores par jour.

 

Ce sont des champignons de type moisissures, dont la colonie se présente sous forme duveteuse jaune, verdâtre à noir. Les spores arrivées à maturité donnent cette couleur souvent verdâtre à la moisissure. (c’est également le cas pour le pénicillium roqueforti des fromages bleus)

 fumigatus

Le mycélium cloisonné porte de nombreux conidiophores dressés, terminés en vésicule qui constitue la base de la tête aspergillaire sur laquelle sont disposées les microconidies ou spores. La couleur de la colonie, les caractéristiques du conidiophore et de la tête aspergillaire permettent généralement de différencier les espèces. La multiplication la plus courante est végétative par l’intermédiaire des spores, mais certaines variétés (niger, nidulans…) ont également une reproduction sexuée et on peut alors observer d’autres éléments comme les cléistothèces et cellules en noisette qui s’en dégagent.

 flavus 

Il y a de très nombreuses variétés mais les plus souvent observées en pathologie humaine sont les suivantes :

 

  • Aspergillus fumigatus (aspergiloses humaines et animales)
  • Aspergillus flavus (aspergillose pulmonaire ou généralisée chez immunodéprimés)
  • Aspergillus niger (aspergilomes, otites, sinusites)
  • Aspergillus terreus (aspergillose pulmonaire voir cérébrale chez immunodéprimés)
  • Aspergillus nidulans (sinusites et infections pulmonaires chez immunodéprimés)

  niger

Le risque infectieux pour les humains n’est pas digestif mais respiratoire (il n’y a pas de risque à manger un peu de moisissure sur un pot de confiture). Par contre, en cas d’inhalation, pour les individus affaiblis par une autre maladie ou sous traitement immuno-suppresseur, il y a un risque réel et important.

 

Les aspergillus sont fréquemment rencontrés dans les expectorations des enfants atteints de mucoviscidose

 

Dans les hôpitaux, la recherche d’aspergillus sur les surfaces et dans l’air des locaux est effectuée à intervalles réguliers mais aussi en cas de travaux dans l’établissement.

 

La thèse sur la malédiction de Toutankhamon attribuée à aspergillus flavus me laisse perplexe… il me semble en effet peu probable qu’un aspergillus puisse entraîner le décès brutal d’un individu en bonne santé...  certaines espèces produisent des toxines, c’est le cas pour aspergillus flavus qui libère des alfatoxines... alors pourquoi pas… mais le mystère demeure…

 

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 20:00

pseudomonas.jpg

 

« Pseudomonas » du grec «  pseudo=simili », et « monas=unité »

« Aeruginosa »  du latin « aerùgo=rouille du cuivre ou vert de gris » fait référence à la couleur des pigments que cette espèce produit ; pyocyacine,  pyoverdine, pyorubine...

 

Pseudomonas aeruginosa, connu aussi sous le nom de bacille pyocyanique est une bactérie en forme de fin bâtonnet mobile par un cil polaire. Aérobie strict, il n’utilise le glucose qu’en présence d’oxygène mais pousse dans la profondeur des milieux contenant des nitrates (NO2 --) qu’il peut utiliser comme accepteurs d’hydrogène.

Si son pouvoir glucidolytique est faible, il a un fort pouvoir protéolytique. Très répandu dans l’eau et dans la nature, il joue un rôle important dans la dégradation des matières organiques et le cycle de l’azote. Il réduit les nitrates jusqu’au stade azote moléculaire (N2)

Avant l’apparition des antibiotiques, la présence de pus bleu sur une plaie, n’était pas un facteur de gravité, mais au contraire semblait gêner l’infection par d’autres bactéries. Le pouvoir antibactérien de pseudomonas vis à vis de certaines espèces (comme le bacille du charbon) semble du aux pigments et toxines qu’il produit.

A l’hôpital, il peut se développer dans de l'eau distillée ou salée, voire dans certaines solutions antiseptiques ou antibiotiques mais aussi sur le matériel médical (cathéter, canules, valves…)

C’est un germe opportuniste souvent responsable de maladies nosocomiales chez les personnes fragiles (diabétiques, cancéreux, personnes âgées, opérés, brûlés, porteurs d'escarres, polytraumatisés et immunodéprimés...) et c’est en milieu hospitalier qu’il trouve le plus de sujets affaiblis par ces différentes pathologies. Au niveau pulmonaire, il est également très fréquent chez les patients atteints de mucoviscidose.

L’usage très répandu des antibiotiques sélectionne ce type de germe naturellement résistant, seuls quelques antibiotiques bien spécifiques sont actifs. Le bacille pyocyanique a également la capacité à former des biofilms (sorte de mucus qui constitue une barrière physique aux agents anti-infectieux et aux défenses naturelles).

Traitement par phagothérapie : Alternative ou complément à l’antibiothérapie

Ou en est la recherche ?

En Angleterre, Belgique et Australie,  des recherches et essais de traitements par les bactériophages sur des infections à P.aéruginosa ont été effectués. Sans réglementation claire, cette thérapie n'est toujours pas officiellement autorisée en clinique humaine en Europe.. cependant ce traitement est utilisé en Pologne ou des préparations sont proposées par l’institut de Wroclaw...

Les phages lytiques spécifiques des souches à traiter  peuvent être utilisés comme moyen alternatif ou en complément de l’antibiothérapie, selon les sites infectés et les cas à traiter. Pour les emplacements particulièrement indiqués et accessibles aux phages, alors que les économies sont de rigueur, la phagothérapie serait pourtant moins coûteuse et probablement aussi efficace que l’antibiothérapie…

 http://www.geephage.org/

 

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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 19:02

staphdore1.jpg


Les staphylocoques sont parmi les plus résistantes des bactéries non sporulées. Le staphylocoque doré (Staphylococcus aureus) est le plus pathogène. Il est halophile, ce qui veut dire qu’il est capable de se développer sur des milieux très salés (75g de NaCl par litre), ce qui permet de l’isoler dans les prélèvements multi-microbiens en inhibant la culture de la plupart des autres bactéries.

 

Le nom de genre, staphylocoque ou staphylococcus, est un terme issu du Grec : staphule : grain de raisin, et kokkos : graine

Le nom d’espèce, doré ou aureus, pourrait nous faire penser à une petite grappe de raisins dorés mais ce n’est en réalité qu’une pigmentation des cultures qui apparaît de manière inconstante.

 

Historique

« Organisme formé de petits points sphériques réunis par couples de deux grains, rarement de quatre mais fréquemment associés en petits amas » c’est ainsi qu’en 1880 Pasteur décrit ce germe isolé d’un furoncle et plus tard d’une ostéomyélite qu’il compare à un furoncle de la moelle de l’os.

 

La pénicilline a été découverte grâce au staphylocoque

- Avant 1900, Gabriel Roux (un auvergnat) et son élève Ernest Duchesne avaient démontré l’activité d‘un champignon (pénicillium glaucum) sur une culture de staphylocoque.

- En 1928, Flemming prouvait également l’action d’un autre pénicillium (penicillium notatum) sur une souche de staphylocoque et la découverte de la pénicilline lui est officiellement attribuée.

 

Une multi-résistance aux antibiotiques

En 1940, avec la commercialisation de la pénicilline on a pu croire le staphylocoque définitivement vaincu mais c’était sans compter sur son grand pouvoir d’adaptation.

Dés 1947, il présence les premières résistances aux pénicillines et la méthicilline devient alors l’antibiotique utilisé. Le MRSA (staph.résistant à la méthicilline) apparaît en 1961. La vancomycine est alors préconisée mais en 1997 le VRSA (staph résistant à la vancomycine) fait son apparition et on le trouve depuis dans certains hôpitaux européens et  aux Etats-Unis.


La  Leucocidine de Panton-Valentine
Certaines souches, productrices d'une toxine capable de détruire les leucocytes, sont responsables de pathologies trés graves chez les enfants et jeunes adultes.

http://www.em-consulte.com/article/66613
Merci Dr "Bacter"

Intérêt de la phagothérapie

Les bactériophages lytiques pourraient constituer une réelle alternative tant dans le domaine de la prévention que du traitement des affections à staphylocoque doré.

 

Une prophylaxie en milieu hospitalier contribuerait à diminuer le nombre de maladies nosocomiales sans induire de nouvelles résistances aux antibiotiques. Un bactériophage ajouté à une solution de nettoyage des mains diminuerait le manuportage et quelques gouttes d’une suspension permettrait de diminuer ou supprimer le portage nasal. (il faut savoir que 50% de la population est porteuse de Staphylocoque doré au niveau nasal !…)

 

En pratique, la meilleure application est  celle qui consiste à déposer les bactériophages actifs directement au niveau du foyer infectieux, c’est à dire au contact des bactéries.

La phagothérapie semble particulièrement indiquée sur les blessures, brûlures, plaies diverses et les infections ostéoarticulaires.

Le traitement historique des infections cutanées est un bon exemple ainsi que l’ostéite chronique. Ces traitements ont été réévalués et/ou sont en cours d’évaluation et les résultats semblent concluants.

 

A quoi ressemble un  bactériophage ? visitez le site de l’université de Laval au Québec et la belle collection historique du Centre de Référence Félix d'Hérelle :

Avec le fameux phage TWORT…

http://www.phage.ulaval.ca/index.php?pageDemandee=phage&noPhage=48

 

Pour toute information plus précise :

http://www.geephage.org/

 

 

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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 22:00

phagothrapie titre
A tous les visiteurs qui cherchent une documentation sur les bactériophages et la phagothérapie, je conseille vivement la lecture de cet ouvrage du Dr Alain DUBLANCHET.

Le Dr Alain DUBLANCHET, ancien responsable du laboratoire de Microbiologie et Hygiène au Centre Hospitalier Intercommunal de Villeneuve Saint Georges est actuellement expert auprés d'une société australienne.
Il est l'un des rares spécialistes mondiaux de la phagothérapie mieux reconnue dans le reste du monde qu'en France.

Membre de la Société Française de Microbiologie,  membre et ancien président du Collège de Biologie Virologie et Hygiène des Hopitaux Généraux, Mr le Dr DUBLANCHET est cofondateur et vice président du Groupe Epidémiologique et Prophylactique (GEEP)

http://www.geephage.org/

On ne peut que déplorer ce manque d'enthousiasme des autorités françaises pour faciliter la recherche et les études de nos rares spécialistes français dans ce domaine. Ne devraient-ils pas écouter un peu moins les experts impliqués dans le financement des grands groupes pharmaceutiques ?...
Devant le développement inexorable des bactéries résistantes aux antibiotiques et le risque de maladies nosocomiales dans les hôpitaux, il serait temps de réagir ! le principe de précaution semble ignoré à ce niveau...

L'utilisation des bactériophages lytiques et non modifiés génétiquement est un moyen biologique et économique de lutte contre les infections bactériennes dans différents domaines.


Si pour de multiples raisons (éthique, pharmacologique, économique, réglementaire, etc), la commercialisation des bactériophages thérapeutiques à usage médical semble loin d’être opérationnelle en France, leur intérêt n’échappe pas à certaines firmes outre atlantique.

 

En agriculture, un produit appelé « agriphage3 » est commercialisé par Omnilytics, une société américaine. Cette préparation de phages dirigée contre xanthomonas campesti et pseudomonas syringae est préconisée pour combattre « le feu bactérien » . Les recherches sur ce produit ont débuté en 1954, la première commercialisation date de 1990 et l’enregistrement auprès de l’EPA4 a été obtenu fin 2005.

http://www.phage.com/products/agriphage/agriphage3.html

 

En aquaculture, les bactériophages semblent constituer un bon moyen de prévention et de lutte contre les bactéries dans les bassins piscicoles. Une thèse de Sandra Imbeault (université de Québec) démontre l’efficacité des bactériophages dans deux cas de maladies bactériennes ; l’hydropisie de la carpe commune provoquée par  Aeromonas hydrophila et la furonculose de l’omble des fontaines par Aeromonas salmonicida. Elle montre que des bactéries résistantes aux antibiotiques en usage au Canada peuvent être lysées par des bactériophages.

http://ete.inrs.ca/pub/theses/T000381.pdf

 

Biophage Pharma Inc. une société canadienne de pointe en biotechnologie commercialise une préparation à base de bactériophages appelée « LISTEX P100» dirigée contre  listéria monocytogenes. Elle vise à réduire la contamination des produits frais comme le lait et la viande par cette bactérie. Aux États-Unis la FDA a reconnu ce produit comme respectant la procédure GRAS (generally recognised as safe)

La Listériose est une maladie infectieuse commune à l’homme et à de nombreuses espèces animales. Elle peut se traduire par une infection vaginale, une septicémie (sang) voir une méningo-encéphalite dans les cas les plus graves. Listéria monocytogenes peut passer inaperçue chez une femme enceinte mais possède la particularité de franchir le placenta et être dangereuse pour le fœtus avant la naissance ou contaminer l’enfant au moment de l’accouchement. Cette bactérie ne résiste pas aux températures élevées et sera donc éliminée dans le lait stérilisé et les viandes cuites. En revanche, elle tolère particulièrement bien la température de 4°C des réfrigérateurs et peut être présente dans le lait cru et la viande mais des normes sont à respecter pour la commercialisation de ces  produits.

Par ailleurs, Biophage Pharma  développe actuellement un programme important de thérapie par les phages afin de prévenir ou diminuer les contaminations bactériennes dans l’environnement, chez l’humain et l’animal. Certaines applications visent des bactéries résistantes aux antibiotiques (staphylocoques, steptocoques, entérobactéries) mais aussi des agents du bioterrorisme  comme l’anthrax (plus précisément la toxine de bacillus anthracis) et Ecoli O157:H7.

http://www.biophagepharma.net/

 

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 22:32

http://artia.over-blog.com/article-36032289.html

En 1897, Ernest Duchesne élève du Dr Gabriel Roux, né à Issoire (63) publie une thèse démontrant l’activité  antimicrobienne de pénicillium glaucum. En 1929, la découverte officielle de la pénicilline est attribuée a Alexander Fleming  mais ce n'est qu'en 1939, poussés par les besoins de la deuxième guerre mondiale que l'on découvre son intérêt.

 

Gamaleia en Russie, Fréderik Twort  en Angleterre,  ont observé la lyse  in vitro des cultures bactériennes, mais c’est au savant franco-canadien Félix d’Herelle que revient la paternité de la phagothérapie. En 1917, il affirme que la lyse est provoquée par un agent pathogène pour les bactéries qu’il appelle bactériophage et ses premières applications, tant vétérinaires que médicales, sont décrites en 1919.

 

Aujourd’hui, nous sommes de plus en plus confrontés aux échecs thérapeutiques de l’antibiothérapie. Utilisée de manière préventive ou associée à une technique plus conventionnelle, la phagothérapie constitue donc un espoir thérapeutique sérieux dans le traitement des infections bactériennes.

 

Dix à cent fois plus nombreux, les bactériophages sont présents partout où les bactéries sont rencontrées (eaux, sols peau et tube digestifs des êtres vivants). Contrairement aux antibiotiques, ils présentent l’avantage d’être spécifiques d’une espèce bactérienne et de ne pas détruire la flore non pathogène.

 

Il existe deux types de bactériophages ;

Les bactériophages lytiques capables de tuer les bactéries et utilisés en phagothérapie

Les bactériophages tempérés (10%) capables d’intégrer le génome de la bactérie hôte, utilisés en laboratoire par les généticiens.

 

La Pologne, qui fait maintenant partie de l’Europe, n’a jamais cessé de pratiquer la phagothérapie. En France, des préparations étaient disponibles à l’Institut Pasteur de Paris et Lyon jusque dans les années 80 mais la réglementation a évolué et il est nécessaire de redéfinir un cadre réglementaire à la commercialisation des préparations.

 

Un demi siècle s’est écoulé entre la découverte de la pénicilline et son utilisation. Un siècle après leur découverte, l’intérêt des bactériophages sera-t-il enfin reconnu dans nos pays occidentaux ? C’est évident que l’antibiothérapie montre aujourd’hui ses limites et de nouvelles solutions doivent être envisagées.

Les bactériophages lytiques sont les ennemis naturels des bactéries, peut-être les plus efficaces. Ils constituent une forme de lutte biologique. Est-ce que nous saurons profiter de cette arme biologique  naturelle ?


Avec mes remerciements au Dr Alain DUBLANCHET pour les informations récentes et importantes qu'il m'a communiquées.

http://geephage.org/

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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 19:04

La science est créative et l'artiste comme le scientifique est à la recherche d'une vérité.
Quand le microscope électronique atteint ses limites, l'artiste va au delà du perceptible.
Cette création représente la conjugaison bactérienne.
La conjugaison donne notamment aux bactéries la possibilité de résister aux antibiotiques. La bactérie donneuse (mâle), à gauche, transfère à la bactérie réceptrice (femelle), à droite, l'information sous forme d'ADN qui empèchera l'antibiotique d'agir.
 
Le transfert de matériel génétique d'une bactérie à l'autre peut s'effectuer de  trois manières :
Par transformation naturelle : le phragment d'ADN est fixé et absorbé par la bactérie pour être intégré à son génome.
Par conjugaison : Transfert d'ADN chromosomique par l'intermédiaire de pili sexuels comme sur l'image ci-dessus.
Par transduction : Transfert d'ADN bactérien par l'intermédiaire de bactériophages qui ne n'ont ici qu'un rôle passif.
C'est trés résumé, pour en savoir un peu plus "
http://www.microbe-edu.org/etudiant/gene2.html "

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